Le vignoble IGP Alpilles

Quatre mille pieds plantés au printemps 2025.
Quatre cépages du Rhône Sud.
Une parcelle en zone IGP Alpilles, conduite en bio.
Et un nom — Michelot — qui retrouve la vigne après quatre siècles
.

Pourquoi à 70 ans on replante de la vigne

On lui a posé la question. Avec ce mélange d’admiration et d’incompréhension polie que les gens raisonnables réservent aux actes déraisonnables.

« Pourquoi maintenant ? Pourquoi à votre âge ? »

« Parce que Denys Michelot a planté sa première vigne en 1625 — et qu’il attendait depuis 400 ans exactement que quelqu’un replante. Parce que le Päite et la Naine m’ont appris sans le savoir que la terre ne ment pas. Parce que la tante Gaby m’a appris que le vrai luxe c’est un kouglof maison, une tartine de cancoillotte, la soupe du soir, un œuf au plat avec le jaune intact — et le pain pétri à la main avec des farines bio. Et parce qu’à 70 ans on a enfin la sagesse de faire ce qu’on aurait dû faire depuis le début : mettre les mains dans la terre, faire son pain, et regarder pousser. »

Et puis il y a le mistral. Les Alpilles au lever du soleil. Le bruit du goutte-à-goutte sur la terre sèche. Le pampre qui monte, qui monte, qui monte — vers ce soleil de Provence que les douze générations de vignerons Michelot n’ont jamais connu depuis leurs vignes de Bourgogne. Éros à l’œuvre. Freud l’avait bien dit.

De Pommard 1625 à Médières, des vignes bourguignonnes au pain de la tante Gaby : lire l’histoire complète de la famille Michelot →

Sur le calcaire blanc du Sud

D’abord les oliviers. 900 oliviers sur les coteaux calcaires des Alpilles. L’huile coule, dorée, certifiée FR-BIO-10. La tante Gaby approuverait.

Ensuite le potager en permaculture. Le pain maison aux farines biologiques. La soupe. Et la viande — le dimanche, avec modération, par respect pour une sagesse héritée sans même s’en rendre compte.

Et puis, au printemps 2025400 ans exactement après Denys — à 70 ans passés, les mains dans la terre des Alpilles, Philippe Michelot plante 4 000 pieds de vigne sur une parcelle en zone IGP Alpilles.

10 hectares au pied des Alpilles. Calcaire blanc, soleil franc, mistral sec.
Ce que les douze générations de Bourgogne n’ont jamais connu : ce soleil-là.

Pampre du vignoble bio du Mas des Figues à Saint-Rémy-de-Provence, planté au printemps 2025, première année de croissance
Le pampre · Vignoble du Mas des Figues · Mai 2026 · Saint-Rémy-de-Provence — Plantation printemps 2025 · 400 ans après Denys Michelot à Pommard

Grenache, Syrah, Mourvèdre, Counoise

Quatre cépages du Rhône Sud, choisis pour ce que les Alpilles savent faire pousser le mieux. Et un peu de Cabernet Sauvignon, pour faire enrager les puristes bourguignons.

  • Grenache Noir — la rondeur, le fruit rouge, la générosité du Sud
  • Syrah — la couleur profonde, le poivre, l’élégance
  • Mourvèdre — la garde, la profondeur, la patience du Sud
  • Counoise — la fraîcheur, la finesse, le souffle léger

— et un peu de Cabernet Sauvignon, pour la légèreté de l’irrévérence.

4 000 pieds · 4 cépages · plantés au printemps 2025

Pas un gramme de chimie

Goutte-à-goutte sur terre sèche. Couvert végétal entre les rangs. Pas un gramme de chimie. Cohérence absolue avec l’oliveraie certifiée FR-BIO-10, avec le potager en permaculture, avec le pain aux farines biologiques.

Tout pousse ensemble — vigne, oliviers, légumes, blé. C’est ça, la philosophie du Mas des Figues : un domaine où tout se parle.

« Sur ces 10 hectares des Alpilles, les deux familles se retrouvent enfin. Le vignoble pour les Michelot de Pommard. Le potager et le pain pour le Päite, la Naine et la tante Gaby. Philippe au milieu — qui les honore tous les deux, chaque matin, en pétrissant son pain aux farines bio et en regardant le pampre monter vers le soleil. »

Le signe de la main

Un jour — disons en 2028, disons un soir de septembre, disons que le soleil se couche sur les Alpilles et que les cyprès font de longues ombres sur le calcaire blanc — Philippe Michelot ouvrira une bouteille.

La première. Son premier vin. Grenache, Syrah, Mourvèdre, Counoise — les cépages du Rhône Sud plantés en 2025, vendangés à la main, élevés dans le chai de pierre écologique des Alpilles.

Il la posera sur la table — à côté du pain qu’il a fait lui-même, avec ses farines biologiques, exactement comme la tante Gaby le faisait à Médières.

Il lèvera son verre. Pas vers le ciel de façon théâtrale. Juste un geste discret, intime, presque imperceptible. Un signe de la main amical.

Pour Denys — 1625. Pour Jean, Pierre, Marc, les quatre Claude, Auguste — les neuf générations de Pommard. Pour Claude-Henri l’instituteur. Pour André. Pour le Päite et la Naine. Pour la tante Gaby et son kouglof, sa cancoillotte, sa soupe, son pain.

Et peut-être qu’il sourira en pensant au vieux Päite — qui refusait la maison de retraite et qui avait raison depuis le début.

Laissons les morts tranquilles — ils ont planté. Il a récolté. C’est ainsi que ça marche, depuis 1625.

Dayenu. Cela aurait suffi. Et pourtant — on recommence.

« Je suis ce que je suis.
Je suis celui qui est.
Je suis celui qui sera. »

Philippe Michelot · Paysan · Artiste · Sportif