L’inattendu — rencontres et imprévus

« On part pédaler.
On revient avec des histoires. »

Bonjour à toutes et à tous.

Quand je pars à vélo dans les Alpilles, je ne sais jamais ce que je vais ramener. Souvent c’est juste un peu de soleil sur les joues, une bouteille d’eau vide, et la satisfaction des jambes qui ont travaillé. Mais parfois — souvent même — je ramène quelque chose qu’on ne peut pas mettre dans la sacoche : une rencontre.

Le vélo a cela de magique qu’il vous met à hauteur des autres. Sur la route, on s’arrête. On discute. On échange un sourire à un autre cycliste qu’on croise. On demande son chemin à un paysan dans son champ. On boit un café avec un inconnu sous un platane.

Voici quelques-unes de ces rencontres que les Alpilles m’ont offertes. Imprévues. Inattendues. Imprévisibles. Et, pour la plupart, inoubliables.

🤝 Un matin aux Baux — quand le Président redevient un homme

C’était très tôt le matin aux Baux-de-Provence.

Moi, j’étais là pour installer une de mes sculptures dans les vieilles rues encore silencieuses. La pierre des Alpilles n’avait pas encore pris la chaleur du soleil.

Je vois arriver un homme au visage connu. Très connu même. Mais mon cerveau du matin n’était pas encore totalement réveillé. Alors je lui lance tout naturellement :

— « Hé ! Tu ne me dis pas bonjour ? On se connaît… on était potes ! »

Le monsieur me regarde avec un sourire un peu surpris, puis il éclate de rire. Et là… lumière dans ma tête : François Hollande. L’ancien Président de la République.

Trop tard, la phrase était partie !

Finalement, c’était très bien comme ça. Parce qu’aux Baux-de-Provence, entre les pierres blondes et le mistral, les présidents redeviennent simplement des hommes.

Et moi, Philippe du Mas des Figues, je parle pareil :

  • aux paysans,
  • aux artistes,
  • aux touristes,
  • aux riches,
  • aux pauvres,
  • et même aux présidents !

Surtout avant le café.

💭 Pourquoi les Alpilles sont propices aux rencontres

Je me suis souvent demandé pourquoi tant de rencontres me sont arrivées ici, et pas ailleurs. J’ai une théorie.

Les Alpilles sont un petit massif. Pas un grand. On y croise toujours quelqu’un, parce que tout le monde passe par les mêmes routes. Mais surtout — c’est un territoire à dimension humaine. Pas de tunnels. Pas d’autoroutes au milieu. Pas de barrières infranchissables. Vous pouvez aller partout à vélo, à pied, en discutant avec celui qui vous accompagne ou celui que vous croisez.

Et puis il y a la lumière. Elle adoucit tout. Elle rend les gens plus ouverts. Plus disposés à s’arrêter, à dire bonjour, à raconter. Vous avez remarqué ? Au nord, dans les pays gris, les gens marchent vite, regardent par terre, ne se parlent pas. Ici, c’est l’inverse. On lève les yeux. On regarde le ciel. Et tout naturellement, on regarde aussi les autres.

Enfin, il y a le vélo. Quand vous arrivez quelque part en vélo — même un peu suant, même un peu essoufflé — vous n’êtes pas perçu comme un touriste pressé. Vous êtes quelqu’un qui prend son temps. Quelqu’un qui mérite qu’on s’arrête deux minutes pour discuter. Le vélo, dans les Alpilles, c’est un passeport pour les rencontres.

🌿 L’imprévu, c’est le sel de la route

Voilà pourquoi je continue à pédaler dans ces Alpilles, à mon âge, par tous les temps. Ce n’est pas pour la performance. Ce n’est pas pour brûler des calories. Ce n’est pas pour préparer un marathon.

C’est pour l’imprévu.

Chaque sortie peut me ramener une histoire. Chaque tournant peut me faire découvrir quelqu’un. Chaque pause à une fontaine peut devenir une rencontre. C’est cela qui me fait sortir le matin, gonfler les pneus, vérifier la chaîne, et partir vers les Alpilles le cœur léger.

Et si vous séjournez au Mas, je vous emmène. Pas pour vous faire pédaler — pour vous faire rencontrer.

« L’inattendu n’est pas un accident.
C’est ce qui donne du goût au chemin. »

Philippe Michelot

Le Solistheureux des Alpilles
Mas des Figues